Éco logique

« Mon métier me fait aimer la vie chaque matin » © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

Léa Drobecq croit en ces petits riens qui font les grandes choses. Son entreprise, créée l’an dernier à Pont-de-Metz, fabrique des produits écologiques, simples et utiles. 

 

« Un jour, en rentrant chez moi, j’ai déballé mes courses sur la table. J’ai tout à coup pris conscience de la quantité de plastique et de cartons qui allaient rejoindre ma poubelle. Ça m’a bouleversée. » Léa Drobecq modifie alors son mode de consommation, achète en vrac et revient à des méthodes anciennes. Grâce à ses talents de couturière, elle confectionne des carrés démaquillants lavables. « Mais également des tawashi. Ces éponges au crochet ont une durée de vie de deux ans et sont compostables. Je fabrique aussi des sachets de thé réutilisables, des essuie-tout en éponge pour remplacer le Sopalin, et des bee wraps (emballages réutilisables en tissu imprégné de cire d’abeilles, ndlr) pour se passer de l’alu et du film alimentaire. » Mais l’Amiénoise de 22 ans veut partager ses bonnes idées. Alors l’an dernier, elle a installé un atelier dans son appartement à Pont-de-Metz. Et commercialise ses créations écolos et funs sous la marque Les Secrets d’Orane.

 

INSPIRATIONS AFRICAINES

Une école de communication puis des études bancaires l’avaient propulsée dans une banque puis dans la grande distribution. Avant de devenir agent immobilier, activité qu’elle conserve à mi-temps. « Mais je cherche perpétuellement un sens à ce que je fais. Ça doit correspondre à mes valeurs. Je voulais un métier qui me fasse aimer la vie chaque matin. J’ai réussi avec Les Secrets d’Orane. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Afrique. Là-bas, les femmes travaillent les tissus et le cuir avec leurs mains. Aujourd’hui encore, c’est une source d’inspiration pour moi. » Ses créations se vendent à Amiens à La Boîte à bio et à L’Atelier d’Hippocrate. Le reste des commandes passe par Internet et voyage jusqu’au Canada.

 

CONSOMMER AUTREMENT

« Et dire que certains pensaient que je ne ferais rien de ma vie. Trop turbulente, pas assez scolaire... Il paraît que je reviens de loin ! Heureusement, j’ai vite compris que je devais être mon propre chef. Alors, pourquoi ne pas monter mon entreprise et laisser parler mon instinct ? Je n’achète jamais mes tissus sans les toucher. Si j’aime ce que je ressens, je prends. » Léa Drobecq veille surtout à s’amuser. Et sans passer pour une écolo extrémiste, elle incite les gens à consommer autrement. Ses petits sacs pour stocker les carrés démaquillants, ses bavoirs et ses pailles en verre ont déjà la cote. Dernièrement, un restaurant lui a commandé des lingettes nettoyantes brodées. Fier, son père lui a offert une machine à coudre. Elle trône face à la Singer de sa grand-mère. Une transmission de valeurs réussie.

10/10/2019 par Kaltoume Dourouri

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