La Machinerie, c’est quoi ce machin ?

© Sébastien COQUILLE - Amiens Métropole

Cet espace de 800 m2 près de la gare accueille en coworking de jeunes entrepreneurs autour d’un atelier de fabrication artisanale et numérique ouvert aussi au grand public. Un bel endroit appelé tiers-lieu.

 

Un peu plus de 17h. Pause-goûter dans la cuisine, l’élément phare du hall d’entrée. Alexandra a fait de la galette. Camille et Antoine la partagent. Ils ne sont pas collègues, juste coworkers. Comprendre : chacun de ces trentenaires a son entreprise mais tous bossent ici, à La Machinerie. Une bonne ambiance malgré l’absence de Baby-foot, le lieu échappe aux clichés de la “startup nation”. Pas au vocabulaire 2.0 : son centre névralgique s’appelle un fablab, un atelier de fabrication artisanale et numérique qui mêle fraiseuse et imprimante 3D. Ce fablab fut le premier des Hauts-de-France en 2014. C’est lui qui a motivé Alexandra, créatrice de lampes (JDA #890), à venir de Paris pour La Machinerie en 2018 : « Je cherchais une machine à découpe laser. En m’installant ici, je pouvais en profiter ».

 

UN BUREAU POUR 180 € PAR MOIS


Antoine, architecte, a réalisé quelques maquettes. « Quand je me suis mis à mon compte, le principe de La Machinerie enlevait pas mal de pression, plébiscite-t-il. Le bail est souple, les 180 € par mois pour un bureau avec Wifi, café et salle de réunion, imbattables ! Mais surtout, ce lieu évite la solitude tout en faisant côtoyer d’autres univers. Ça crée une effervescence, une dynamique. » Alexandre confirme : « En deux mois, ici, j’avais rencontré plus de 70
personnes ! ».

 

« FAIRE ENSEMBLE »


Car, outre les 22 entrepreneurs et les neuf salariés dont un ébéniste qui a conçu la déco, le lieu est ouvert à tout le monde. Et propose des ateliers en session libre chaque vendredi après-midi et samedi matin. « Là, c’est pour les makers, cible Yann Paulmier, cofondateur de La Machinerie, qui traduit pour nous : disons les bidouilleurs. On a des étudiants en design, en école d’art ou d’ingénieur, des entrepreneurs mais aussi des retraités qui viennent pour un projet déco ou de bricolage… » Il suffit d’adhérer à l’association (15 € par an). « L’autre jour, un couple est venu fabriquer son faire-part de mariage en puzzle, raconte sa collègue Juliane Kurtzke. Pas besoin de s’y connaître en imprimante 3D, en brodeuse numérique. Il suffit d’être curieux. Par contre, ce n’est pas du service mais de l’apprentissage, de l’entraide. » Un lieu qui n’est ni le bureau, ni la maison, mais « un lieu du faire ensemble », résume Juliane Kurtzke. C’est la définition du tiers-lieu.

 

MODÈLE HYBRIDE


« En 2016, une enquête nationale sur le coworking a salué les vertus d’un tel endroit. Dès lors, les collectivités ont compris l’intérêt de nous soutenir », poursuit-elle. L’État, l’Europe, la Région et Amiens Métropole financent cette association. Mais pas que. « Notre modèle économique est hybride. Nous vendons des prestations, nous avons les adhésions, et des financements privés. » Le modèle inspire. « Beaucoup viennent voir. Notre conseil : ne pas appliquer une proposition stéréotypée. » La Machinerie reste un lieu à part.

La Machinerie (56, rue du Vivier)


lamachinerie.org

 

Lauréat de l’appel

La Machinerie vient d’être lauréat de l’appel à projet Fabrique numérique du territoire pour le Grand Amiénois lancé par le ministère de la Cohésion des territoires. Dans ce projet, La Machinerie est la tête de pont d’un collectif regroupant l’Alco, La Briqueterie, L’Île aux fruits, le Lam (lieu artistique mutualisé) et la Maison du colonel. « On structure un réseau localement, cela va permettre de mettre en place de nouveaux projets », se félicite Juliane Kurtzke, responsable du Pôle entrepreneuriat de La Machinerie.

 

Un projet ? Soyez dans le Starter

La Machinerie, c’est aussi un programme d’accompagnement au lancement de projets économiques avec un impact sociétal ou environnemental. Depuis 2016, 35 idées naissantes ont été accompagnées avec ce Starter, comme Gasper qui fabrique une bière à base de pain invendu. Sept ou huit nouveaux seront choisis pour 2020. Candidature avant le 8 mars. 
starter@lamachinerie.org

 

Réparez votre vélo

Le 6 mars, à 16h, un atelier de réparation vélo permettra de rouler jeunesse. « Chacun est guidé et répare soi-même, prévient la structure. La Machinerie n’est pas un garage. »

02/03/2020 par Antoine CAUX

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Coaching Emploi pour les jeunes diplômés
27/07/2020 par Laurence DEKER
Am Stram Dam, futur tube ?
23/06/2020 par Kaltoume Dourouri