On va créer de l’emploi

© Laurent Rousselin / Amiens Métropole

Tiamat a développé une batterie au sodium-ion capable de répondre aux enjeux de la mobilité électrique et prépare à Amiens son industrialisation. Entretien avec Laurent Hubard, son fondateur. 

© Laurent Rousselin / Amiens Métropole

JDA : La levée de fonds de 3,6 M€ en 2018 a permis à Tiamat de finaliser les batteries au sodium-ionQuelle étape allez-vous franchir avec celle de 26 M€ ?

Laurent Hubard : Tiamat est la seule entreprise à proposer des batteries au sodium-ion rechargeables en cinq minutes avec une durée de vie dix fois supérieure aux autres. Nous devons conserver cette avance technologique. Le fonds d’investissement permettra de concevoir à grande échelle les batteries inventées à Amiens. Ce sera la première ligne de production de batteries sodium-ion au monde. On va industrialiser et créer de l’emploi pour s’élever à l’international. Objectif : en produire 5 000 par jour, l’équivalent de ce que nous fabriquons aujourd’hui en un an.

 

Comment augmenter votre productivité ?

On a déjà rencontré plus de 70 investisseurs publics, bancaires et privés, français et internationaux. Tout est prêt : les équipementiers, la réglementation liée aux terrains... Amiens Métropole nous accompagne pour trouver un terrain pour notre démonstrateur. Glisy, près de Clarins, ou Boves, à proximité d’Amazon, sont pressentis. À l’ouverture en 2020, c’est une centaine d’emplois à la clef. 3 000 à l’étape suivante.

 

Que vous a dit Emmanuel Macron lors de sa récente venue à Amiens ?

C’était la première fois qu’un président de la République faisait démarrer un bus électrique ! Il nous a confirmé sa confiance et sa volonté de compter sur notre technologie innovante. C’est un argument pour la compétitivité, notamment avec l’Asie et sa batterie au lithium. Grâce à sa visite, notre notoriété s’est développée jusqu’à l’étranger.

 

L’objectif de Tiamat est de s’inscrire dans la filière européenne...

Une dérogation de l’Union européenne permet aux États de financer de grands projets. Quatre sont développés en Allemagne, un en Suède et un autre en France porté par PSA et Saft. La filière franco-allemande va produire des batteries au lithium-ion jusqu’alors importées. Tiamat fait partie des petites et moyennes entreprises repérées. On peut donc développer des projets industriels ambitieux.

Propos recueillis par Ingrid Lemaire

 

Le sodium-ion : du sel pour la révolution

Depuis 2012, plusieurs laboratoires du réseau RS2E mené depuis le Hub de l’énergie, à Saint-Leu, par Mathieu Morcrette (Lire ici l’article du JDA #929ont développé les premières cellules de batteries au format 18650 (son cylindre mesure 18 mm de diamètre et 65 mm 
de longueur). La batterie au sodium-ion offre l’avantage d’une recharge rapide avec une utilisation dix fois supérieure aux batteries au lithium. Comme elle ne contient pas de cuivre, son recyclage est facilité. De plus, le sodium est une ressource accessible partout dans le monde, en coût et en quantité. Sa technologie peut alimenter les batteries électriques des vélos, trottinettes, scooters, voitures, bus et pourrait s’adapter aux téléphones. « On veut fluidifier la mobilité électrique
 en rendant tous les équipements nomades disponibles, explique Laurent Hubard. Et soutenir le développement des énergies renouvelables qui ont besoin de zones de stockage pour s’adapter à la consommation, comme l’éolien. »

© Laurent Rousselin / Amiens Métropole

06/01/2020 par Ingrid LEMAIRE

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